Saint Michel archange, par Guido Reni, Santa Maria della Concezione de Cappuccini, Rome.

Chevaliers de Saint-Michel

Je viens tout juste de terminer la mise en ligne de 639 notices biographiques de chevaliers de l’ordre de Saint-Michel bretons (ou liés à la Bretagne). Lors de mes transcriptions de ces notices, j’ai rencontré quelques familles de mon ascendance ou qui y sont liées, dont je vous livre aujourd’hui les notices.

Boilesve/Boisleve

Marin Boisleve, chevalier, seigneur de la Maurouzière, conseiller d’État, nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel par le roy Henry IV, est qualifié en conséquence chevalier de l’ordre dans un titre original du 6 septembre 1600 [(titres de messieurs Boislesve de Razilly)], ainsy que dans le recueil manuscrit des chevaliers de Saint-Michel fait en 1620 par Pierre d’Hozier, gentilhomme ordinaire de la maison du roy (Bibliothèque du roy). On observe seulement que ses lettres de chevalier de Saint-Michel ne sont pas conçues dans le style ordinaire. Ces lettres dattées du mois de janvier 1598 l’autorisent à ajouter à ses armoiries « un chef d’azur à trois fleurs de lys d’or, une fleur de lys pour cimier et les marques de l’ordre de Saint-Michel », le tout transmissible à ses descendans, de manière que ceux cy sont encor en droit aujourduy d’entourer leurs armes du collier de cet ordre, privilège unique et dont on ne pouroit citer aucun autre exemple. Indépendament de cette marque de distinction, le roy Henry IV luy avoit accordé le 19 may 1597 des lettres de chevalerie pures et simples. Ce monarque le fit aussi conseiller d’État en 1598. La réputation qu’il s’acquit dans sa province le fit demander au roy par tous les ordres de la ville d’Angers pour remplir la charge de lieutenant général d’Anjou. Il mourut en 1608 en exécutant une commission qu’il avoit reçue de la Cour. [Il étoit fils de François Boisleve, seigneur de la Brizarderie, de la Maurouzière, de la Gillière, de la Bignerie et de la Bourdinie, et de Philippe Prioulleau. Ses armes d’azur à 3 sautoirs d’or posés 2 et 1, et un chef d’azur à 3 fleurs de lys d’or.]

Michel Boilesve, seigneur des Gaudrez, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel le 4 août 1621 [[(titres de cette famille)], vivoit encor en 1630].

Boisjourdan (du)

Jean du Boisjourdan, seigneur du Boisjourdan, du Boulay, de Malabry, de Montavalon etc., commandant pour le roy à Sablé par lettres du 17 decembre 1567, est qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un titre original du 10 janvier 1588 [(titres de cette maison)]. Il servit fidellement le roy Charles IX qui le commit le 9 août 1562 pour « [assembler jusques au nombre de cent arquebusiers à cheval ou plus grand nombre de gentilhomme ou autres gens de guerre qu’il pourroit trouver pour] courir sur les rebelles et les séditieux [nouvellement sortis de la ville et du château de Craon, et empêcher les pilleries qu’ils faisoient à la campagne soit en], les faisant prisonniers ou les taillant en pièces s’ils faisoient résistance ». Ce monarque luy donna encor une nouvelle commission le 24 novembre 1567 pour « [lever et] mettre sur pied 40 arquebusiers à cheval pour en l’absence de l’évêque du Mans les employer à la garde de la ville de Sablé [et les conserver dans son obéissance contre ceux qui avoient pris les armes contre luy] ». Il se distingua aussy au siège de Poitiers en 1569. [Il étoit fils de Philippes du Boisjourdan, seigneur du Boisjourdan, et d’Anne Le Masson. Ses armes d’or semé de fleurs de lys d’azur, et 3 lozanges de gueules sur le tout, posés 2 et 1.]

Hercules-François du Boisjourdan, seigneur du Boisjourdan, de Chânay, de la Cormeraye, de Maignanes, de Launay et de la Prioulière, qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 3 mars ou may 1659 [(titres de cette maison)], ne vivoit déjà plus en 1667. [Il étoit fils de François du Boisjourdan, chevalier, seigneur du Boisjourdan, et d’Antoinette de Baubigné. Ses armes comme cy devant.]

Ancelme du Boisjourdan, seigneur des Couraux, de Chasnay et de Longuefuye, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy et prevôt provincial de Châteaugontier, charge dont il étoit déjà pourvu en 1641, est rappelé avec la qualité de chevalier de l’ordre de Saint-Michel dans un acte du 8 février 1691 postérieur à sa mort. [Il étoit fils de François du Boisjourdan, chevalier, seigneur du Boisjourdan, et d’Antoinette de Baubigné. Ses armes comme cy devant.]

Chamborant (de)

Jean de Chamborant, seigneur de Droux et de Lage Maillot, qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 30 mars 1576 (original, titres de cette maison), mourut en 1601. Il étoit fils de Pierre de Chamborant, seigneur de Droux, et de Philippes Loubbes. Ses armes d’or au lyon de sable armé et langué de gueules.

Pierre de Chamborant, seigneur de Droux, d’Ars, de Batières, de Laige, de Meung-sur-Yèvre, de Montgivray, de la Beauce, de la Pouzerie et du Coulombeuil, baron de Neuvy Saint-Sépulchre, gouverneur de la grosse tour de Bourges, lieutenant de roy de cette ville et de la province de Berry, d’abord écuyer ordinaire et gentilhomme de la chambre du duc d’Alençon, puis l’un de ses chambellans et colonel de ses gardes suisses, avoit été élevé dans sa jeunesse page du duc d’Anjou depuis roy Henry III ; et le 6 may 1580 le duc d’Alençon luy fit don pour neuf année de la terre et seigneurie de Meung-sur-Yèvre. Il s’étoit trouvé en 1579 à l’entreprise d’Anvers, et Varillas dans son Histoire d’Henry III dit à ce sujet que le duc d’Anjou ayant ordonné aux suisses d’aller sur la place devant la citadelle, ils passerent par les mêmes portes par où les fuyards prétendoient se sauver, que les uns ne voulurent point céder aux autres et que le désordre augmenta par la faute de Droux, colonel des suisses ; que cet officier emporté par son naturel ayant tué un grand cheval sur lequel étoit monté un valet qui lui contestait le passage, et le valet ayant été étouffé sous la pésanteur du cheval qui étoit bardé et caparaçoné, les fuiards irrités de l’action de Droux, et pressés de la fraieur qui ne les avoit pas encor quittés, se culbuterent réciproquement avec les suisses. Cette circonstance nuisit beaucoup à l’entreprise du duc d’Anjou. Le seigneur de Droux ne vivoit déjà plus en 1591. Il est qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 24 may 1584 (titres de cette maison). Il étoit fils de Pierre de Chamborand, seigneur de Droux, et de Philippe Loubes. Ses armes comme cy devant.

Jean de Chamborant, seigneur de la Clavière, de Chaume et de la Bertaudière, servoit dès l’an 1567 en qualité d’homme d’armes de la compagnie d’ordonnance du seigneur d’Hautefort. Il est nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel vers le règne de Henry IV et est en conséquence qualifié chevalier de l’ordre du roy dans une sentence du 20 avril 1602 (original, titres de cette maison). Il étoit fils de Gaspard de Chamborant, chevalier, seigneur de la Claviere, gentilhomme ordinaire de la maison du roy, et de Louise de Reillac. Ses armes comme cy devant.

Chenu

Claude [de] Chenu, seigneur du Bas-Plessis, de la Bernardière et de la Frestelière, [lieutenant de 50 hommes d’armes des ordonnances du roy,] est qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 17 juillet 1580 [(titres de messieurs des Hommeaux de la Serrochère). Il mourut en 1582. On ignore sa filiation et ses armes].

Gautier

Jean Gautier de Brulon, seigneur de Brulon et de la Jacquaire, conseiller maitre des requêtes ordinaire de la reine, nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel le 4 may 1652, fut reçu le 23 juillet suivant par le marquis de Ruchefort, chevalier des ordres du roy [(titres de cette famille). Il étoit fils de Jean Gautier de Brulon, chevalier, seigneur de Brulon, et d’Elisabeth Eveillard. Ses armes d’azur à une roze d’argent accompagnée en chef de 2 étoilles d’or, et en pointe d’un croissant de même].

Le Clerc

Charles Le Clerc de Lesseville, seigneur de Saillancourt, d’Incourt, de Leumont, de Saint-Prix et du château de Saint-Leu, conseiller du roy en son Grand Conseil reçu le 18 décembre 1629, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel le 4 mars 1647 (titres de cette famille). Il mourut sous-doyen au mois d’octobre 1673.

Le Roux

Louis Le Roux, seigneur de la Roche des Aubiers, de la Tour-Guyonneau, de Montagu, de la Baussonnière, de Mauny, de Morainvilliers, etc., fut admis dans l’ordre de Saint-Michel dans l’intervalle des années 1561 et 1564, et on le trouve rappellé avec la qualité de chevalier de l’ordre du roy dans 2 actes originaux des 12 octobre 1583 [(original, titres de cette maison)] et 6 juillet 1601 [(titres de la maison de Gislain de Bénouvoulle)] postérieurs à sa mort arrivée peu avant la ditte année 1564. [On ignore sa filiation. Ses armes gironné d’argent et de sable de huit pièces.]

Charles Le Roux, seigneur de la Roche des Aubiers, de la Baussonnière, de la Tour-Guyonneau, de Mauny, de Flacourt, de Courron, de Montagu et du Fief des Aubiers en Chemillé, chambellan ordinaire du roy, conseiller en son Conseil Privé, gentilhomme ordinaire de sa chambre portant la clef d’or, et chambellan de François, duc d’Anjou et d’Alençon, fut admis dans l’ordre de Saint-Michel vers le règne de Charles IX, et on le trouve qualifié chevalier de l’ordre du roy à l’époque de 1575 dans le recueil manuscrit des chevaliers de Saint-Michel fait en 1620 par Pierre d’Hozier, gentilhomme ordinaire de la Maison du roy (Bibliothèque du roy) ; il est cité encor avec la même qualité dans plusieurs actes originaux des … décembre 1583, 25 septembre 1601 et 19 août 1619 ; de plus le roy Henry IV le qualifie chevalier de son ordre dans des lettres du mois de mars 1601 ; il étoit déjà attaché à la personne du duc d’Anjou lors du testament qu’il fit le 30 juillet 1581 « ayant intention dit-il de faire le voyage en la guerre qui se présentoit en Flandres pour le service du roy et du duc d’Anjou en souverains et naturels princes ». Le roy Henry III le chargea de plusieurs commissions de confiance, et on le trouve employé aux gages de 600 livres dans l’état des gentilshommes de la chambre de ce monarque de l’année 1586. Il vint en 1597 [de Nantes] à la cour du roy Henry IV pour une commission dont il avoit été chargé auprès de ce monarque alors à Saint-Germain en Laye [ce qu’on apprend d’un compte de l’Epargne où il luy fut adjugé 250 écus pour cette commission], et fut fait l’un de ses chambellans, qualité qu’on luy trouve dans 2 actes des 7 septembre 1598 et 5 octobre 1607. Le roy Louis XIII l’honora ensuite du titre de conseiller d’État [d’épée] le 17 décembre 1619. [Il étoit fils de Louis le Roux, seigneur de la Roche des Aubiers, chevalier de l’ordre du roy, et de Renée de Monrainvilliers. Ses armes comme cy devant.]

Louis Le Roux, seigneur de la Roche des Aubiers, de Flacourt, de la Baussonière, de Courcon et de la Bellotière, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy et guidon de cent hommes d’armes de ses ordonnances sous la charge du maréchal de Boisdauphin, né le 8 may 1578, est qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte original du 20 janvier 1637 [(original, titres de cette maison). Il étoit fils de Charles Le Roux, seigneur de la Roche des Aubiers, chevalier de l’ordre du roy, et de Marie Hurault, nièce du chancelier de Chiverny. Ses armes comme cy devant].

Emmanuel Le Roux, seigneur de la Roche des Aubiers, de Longuefuye, etc., premier écuyer du prince de Condé [en 1619], étoit né le 25 décembre 1589 et fut admis à ce qu’il paroit dans l’ordre de Saint-Michel sous Louis XIII. On luy trouve la qualité de chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 18 février 1645 [(titres de cette famille)] et il ne vivoit déjà plus en 1661. [Il étoit fils de Charles Le Roux, seigneur de la Roche des Aubiers, chevalier de l’ordre du roy, et de Marie Hurault. Ses armes comme cy devant.]

Soulier (du)

François du Soulier (ortographié aussy du Solier), seigneur de Rosset, enseigne de 50 lances des ordonnances du roy et l’un de ses gentilshommes servans, qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 26 février 1582 [(procès-verbal de Malte de Pierre de la Porte du mois de may 1638). Il étoit fils de Guillaume du Soulier, écuyer, et d’Anne de l’Auberge. Ses armes d’azur à 3 bandes échiquetées d’argent et de gueules].

Vaux (des)

Jean des Vaux, seigneur des Vaux, de Lévaré, du Pin, du Boisgarnier et de la Cherbonelière, gouverneur et lieutenant général pour le roy des villes et châteaux de Mayenne, à Ernée, de Pontmain, de Lassay, de Vilaines, d’Ambrières, de Goron et autres places dépendantes de l’élection de Mayenne, par lettres du 17 décembre 1567, et gentilhomme ordinaire de la chambre du roy Henry III par lettres du 24 avril 1578, fit lever aux huguenots le siège de Sassay et après en avoir défait le chef, il les chassa de cette province. Il fut nommé le 27 avril 1571 et reçu par le seigneur de Châteauneuf chevalier de l’ordre de Saint-Michel (titres de cette maison). Henry III luy écrivit le 17 mars 1592 que « connoissant l’affection qu’il luy portoit et au soulagement de son peuple, il luy feroit un service très agréable d’assembler ceux de ses amis qu’il pourroit pour aller ensemble trouver le sieur de Vassé, et luy aider à défaire les gens de guerre levés sans commission qui oppressoient les peuples du pays du Perche ». Il mourut en 1593. Il étoit fils de Jean des Vaux, chevalier, seigneur des Vaux, de Lévaré et du Boisbéraud, et de Marie Coaisnon. Ses armes de sable coupé d’argent à un lyon de l’un en l’autre.

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