L’armorial de du Paz

Aujourd’hui, ce n’est pas vraiment un document d’archive que je voudrais partager, mais des dessins issus d’un livre imprimé en 1619.

Augustin du Paz était un religieux dominicain rennais, docteur en théologie, mort en décembre 1631 à Quimperlé, connu pour avoir écrit une Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne en 1619. En fait, il s’agit surtout de familles de Haute-Bretagne, la Basse-Bretagne est simplement absente de son ouvrage.

Ce gros livre de plus de mille pages illustre ses notices des dessins des blasons des familles dont il traite, il y en a exactement 50. J’ai photographié récemment les pages de l’exemplaire de la Bibliothèque Municipale de Rennes, et j’ai refait ces dessins grâce au logiciel Inkscape (1). J’ai simplement vectorisé les images, lissé légèrement les dessin et corrigé les défauts d’impression. Ces dessins sont à 99% fidèles aux originaux.

Voici donc le premier tiers des blasons, présentés par ordre alphabétique. Les blasonnements sont ceux donnés par du Paz (la suite une autre fois)…

Acigné (d’)
d’Ermines à la fesse de gueules charges de Fleurs de Lis d’Or.

Acigné

Argentré (d’)
D’argent à la Croix patee d’asur

Avaugour (d’)
Penthievre : d’Ermines ou de Bretagne à la bordure de gueules

Avaugour

Avaugour (d’)
d’argent au chef de gueules

Avaugour2

Barbezieux
D’or à un escusson au milieu d’asur

Barbezieux

Barbezieux
Escartelé de la Roche-foucault, & l’ancien Barbezieux, chargé de Foix, qui est d’or à deux vaches passantes de gueulles acolees & encornees & claironnées d’asur

Barbezieux2

Beaumanoir (de)
D’azur à onze billettes d’argent

Beaumanoir

Bellière (de la)
D’argent emmanché de sable

Bellière

Besso (du)
D’or à trois chevrons de sable ecartelé d’azur à cinq billettes d’argent

Besso

Bois de la Roche (du)
Escartelé le premier & quatriesme pals ou palé d’or & de gueules cinq pieces de chacun, le second & troisiesme d’or à cinq faces de gueules, chargé d’un faux escusson de gueules à neuf macles d’or au lambeau d’argent de quatre pieces

Bois de la Roche

Broons (de)
D’azur à la croix d’argent fretee de gueulles

Broons

Chastellier (du), d’Ereac et de Branxian
D’or au chef de sable

Chastellier

Châteaubriant (de)
De gueulles semé de pommes de pin d’or sans nombre

Châteaubriant

Châteaubriant (de)
De gueulles semé de fleurs de lys d’or sans nombre

Châteaubriant2

Châteaugiron (de)
D’or au chef d’asur

Châteaugiron

Châteaugiron (de)
De gueulles a cinq besans d’Or, escartelé de Dol & de Combour, qui est un escartelé d’argent & de guelles

Châteaugiron

Coësmes (de)
De sable à quatre fusées d’Or, & six besans de mesme

Coesmes

(1) Dessins au format SVG disponibles sur simple demande. J’aurais pu, au lieu de refaire les dessins, mettre les images originales, il m’aurait simplement fallu demander l’accord de la conservatrice de la BMR, mais d’une part, la qualité aurait été moins bonne, et d’autre part cela vous aurait empêché de réutilisation ces images.


– Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

7 thoughts on “L’armorial de du Paz

  1. Bonjour Gilles,

    La vectorisation en elle-même est facile, il suffit de 3 ou 4 clics, mais il faut auparavant préparer l’image, en accentuant les contrastes, en égalisant les niveaux, et en éliminant les parasites. Il faut aussi éventuellement corriger les défaut d’impressions (plis de page, bavures) avant la vectorisation. Mais le plus gros du travail reste après la vectorisation, il faut la reprendre pour lisser les arcs de cercle (sur les couronnes par exemple), simplifier et surtout égaliser les contours, etc. Pour un dessin simple comme Barbezieux première version, en 5 minutes, tout est fait. Dès qu’il y a une couronne, il faut ajouter au moins dix minutes à un quart d’heure, et les plus longs sont ceux qui comportent beaucoup de petits meubles complexes et similaires (les fleurs de lys d’Acigné ou de Châteaubriant, les hermines du même d’Acigné ou de Penthièvre)… cela peut prendre une bonne heure, le tout est de savoir s’arrêter pour ne pas perfectionner le dessin afin de respecter la façon de l’orignal…

    Les dessins les plus longs ont été ceux de la couverture du bouquin (que je mettrais à la fin), car les dessins sont dorés, sur une reliure en cuir jauné plus ou moins foncé… Là il m’a bien fallu deux ou trois heures pour un résultat encore largement améliorable. Viendra aussi un Abécédaire de du Paz, car j’ai fait le même travail (avec moins de retouches) sur les lettrines.

    Le plus long est peut-être de se mettre à Inkscape. Comme cela fait maintenant plusieurs mois que je fais tous mes blason avec ce logiciel, cela a été assez facile…

  2. Merci Amaury pour tous ces renseignements. Je suis allé voir vos derniers blasons sur HeraldiqueGenWeb et je trouve qu’ils sont d’une qualité très supérieure à ce qu’on pouvait faire avant.

    Je me pose plein de questions, d’où viennent les formes de blason, les meubles, etc. Vous êtes-vous inspiré ou servi du contenu du projet Blasons de WikiPedia ? (je préfère vos blasons à ceux de WikiPedia).

    C’est probablement beaucoup de boulot mais je pense qu’un article du genre "Comment faire un blason avec Inkscape", sur votre blog ou sur HeraldiqueGenWeb serait très intéressant.

    Cordialement,
    Gilles

  3. Pour les formes de blasons, j’ai simplement vectorisé celles que j’utilisais avant sous Photoshop, et qui proviennent de mon premier livre d’héraldique, acheté il y a une douzaine d’années. Il s’agit de L’héraldique (1992, éditions Ouest-France), de Pierre Joubert, excellent dessinateur qu’un certain logiciel de dessin de blason s’est empressé de piller dès que Joubert est mort, sans lui rendre le moindre hommage (ça y est c’est dit). Mon écu français moderne vient de là, plus mon écu anglais (peu utilisé) et le suisse (peu utilisé aussi). J’ai adapté l’écu français ancien de Joubert que je trouvais trop allongé.

    Ce livre est plus une démonstration de la qualité des dessins de Joubert qu’un précis héraldique, car les règles n’y sont que succinctement exposées, et il y a très peu de blasonnements. Mais je peux dire qu’il m’a beaucoup influencé, car Pierre Joubert avait tout à fait compris l’esprit héraldique originel, on peut dire médiéval, et ses meubles sont non seulement beaux, mais simples et stylisés, et surtout, ils occupent harmonieusement tout l’espace. Ce sont ces règles basiques, qui suffisent à faire un beau blason, qui ont été oubliées du XVIIIe et surtout XIXe siècle, période où de trop nombreux blasons présentent des meubles sophistiqués et rachitiques perdus dans le vide de l’écu…

    J’ai repris et adapté plusieurs meubles de Pierre Joubert, son léopard, une aigle impériale, sa tête de More, ses nef, tour, maillet, griffon, vache et taureau, bar, dauphin, lévrier, rencontre, ours… Mais grâce à ses dessins simples, j’ai aussi appris à dessiner à main levée des lions ou léopards, des têtes d’aigles (mon lion est issu d’un de mes dessins).

    Mes autres meubles viennent de sources diverses : j’ai dessiné ma merlette, mon trèfle et ma rose seul, mes hermines, fleurs de lys, hures de sanglier et quintefeuilles proviennent du carrelage et des vitraux de la chapelle de la Pinsonnais, d’autres meubles (armes, vêtements ou éléments d’architecture) proviennent de l’Encyclopédie Médiévale de Viollet-le-Duc, de l’article Héraldique de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, comme pas mal d’autres dessinateurs, j’ai aussi pioché parmi la bibliothèque gratuite Héraldic clipart (en général, ces meubles sont très reconnaissables). Mais beaucoup sont issus de photos ou dessins trouvés sur internet, qui m’ont juste servi de "modèle". Ainsi, mes rhinocérosmartre, encensoir ou calice ont été redessinés à partir de photos trouvées sur le web (respectivement , , et ). Il faut trouver une photo assez grande, où le sujet est bien visible et reconnaissable, et les contours facile à reconnaître, car c’est eux qu’on va redessiner. Ce sont ces contours redessinés (et non l’image elle-même) que je vectorise…

    Toutes ces sources différentes font que certains meubles se marient mal avec le style des autres, c’est pourquoi aujourd’hui j’essaye de tout redessiner à partir de la méthode des photos dont je redessine les contours. Ainsi, je pars d’un modèle réaliste que je stylise et vectorise. Mes meubles sont ainsi simples et reconnaissables, et ont un style à peu près semblable. Mais ça veut dire aussi que je dois parfois passer plus d’une heure pour faire un nouveau modèle…

    Il est aussi important de travailler avec des calques (sous Photoshop) ou des zones qui se superposent (Illustrator, Inkscape), pour éviter les pixelisations entre deux parties de couleurs différentes. Le logiciel ajustera les couleurs entre les zones avec des dégradés, ce qui enlèvera les effets de pixelisation. Ci-dessous, un détail d’un blason récent, puis le même agrandi 16 fois : les dégradés entre l’argent et le noir du contour, et entre ce contour et l’azur font que la transition est agréable à l’œil, sans pixelisation. Ça change tout…

    Wikipedia ? non… car je trouve leurs dessins rarement beaux (les goûts et les couleurs…), de styles beaucoup trop disparates. Ca va de l’hyper-réalisme au dessin à la Disney moderne en passant par la géométrie stricte et son opposé, le dessin d’enfant. Et je n’aime ni leur formes d’écus et leurs effets de lumière, qui affadissent les couleurs (et n’ont rien d’héraldique)…

    Un article "Comment faire un blason avec Inkscape", bonne idée, je vais y réfléchir. Pour HéraldiqueGenWeb, j’avais pensé faire une page où les dessinateurs présentent simplement leurs outils et leur façon de faire, car on nous demande souvent avec quels logiciels nous travaillons…

  4. Merci Amaury pour cette longue réponse très intéressante. Je préfère de loin les blasons que vous faites à ceux de Wikipedia pour les mêmes raisons que celles que vous donnez dans votre réponse précédente. Je pense que les techniques que vous employez pour réaliser vos blasons avec Inkscape sont assez "pointues" et un article pour les présenter serait très intéressant. En tous cas, bravo, je suis admiratif devant votre travail.

    Cordialement,
    Gilles

  5. Bonjour Chantal,

    La licence CreativeCommons (CC-by-nc-sa) sous laquelle est cet article vous autorise à reprendre ces images, sous les conditions qui sont celles de la licence. Je vous invite à lire le texte de cette licence ici. En gros, vous avez le droit de réutiliser ce texte et ces images, à condition d’en citer la paternité (moi, ce site), que ce ne soit pas à usage commercial (pas de vente, pas de pub sur la page incriminée), et que le résultat de ce travail soit aussi sous licence CC by-nc-sa (dans les mêmes conditions). Tout ceci dans le but d’encourager le partage et d’empêcher la mercantilisation de ce travail.

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