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vendredi 30 octobre 2009

Ancenis, une restauration à terminer...

Voici quelques cartes anciennes d'Ancenis, ancienne baronnie et place forte du duché. L'importance de la place, dans les Marches de Bretagne, en bord de Loire, face à l'Anjou, justifie l'emplacement d'un château et la fortification de la ville. Aujourd'hui, il ne reste plus que le château, dont les tours ont été restaurées, mais leurs abords directs sont complètement négligés, comme ce qui ne se voit pas de la rue (le logis). Les extérieurs se visitent librement, mais peut-être plus pour longtemps car la mairie a le projet de construire un bâtiment administratif moderne dans le petit parc du château (voir liens en fin d'article), avant d'envisager la restauration du logis...

Voici quelques cartes anciennes et quelques photos prises cet été, en passant à Ancenis par hasard.



(Collection A. de la Pinsonnais)

L'avenir du château en question :

Un récent article sur les fortifications d'Ancenis :
  • Enquête sur les fortifications urbaines d'Ancenis, par Bertrand Boquien, Bulletin de la SAHNLA 2008, tome 143, p. 185-203 (fiche bibliographique).

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

samedi 22 août 2009

Le Bas-Plessis ou Plessis-Villoutreys

Jean-François de Villoutreys m'a invité récemment au Bas-Plessis (qui fut aussi appellé Plessis-Villoutreys), propriété des Villoutreys depuis leur arrivée en Anjou.

On trouve dans les registres paroissiaux de Saint-Denis de Nantes, un premier acte qui parle d'eux le 27 avril 1665. L'acte est assez difficile à lire, mais ça ne ressemble pas vraiment à un acte de mariage. Il parle de la promesse de mariage d'entre escuyer François de Villautreye seigneur de Bignolesse et damoiselle Renée Chenu damoizelle du Bas Plessis, puis mentionne les dispenses obtenues par les futurs époux qui étaient parents au quatrième degré par les Charette (famille nantaise originaire des environs de Ploërmel), et il semble bien que le prêtre avait quelques soupçons sur la légitimité de ce mariage, car il ne le célèbre simplement pas. Il faudra attendre quelques mois et une bulle de l'évêque de Nantes pour régulariser la situation. On lit enfin deux pages plus loin, dans ce même registre, que le dix septme jour de novemb mil six cent soixante cinq avant midy, [...] messire François de Viloutreix seigneur de Bignolesse et damlle Renée Chenu ont reçu la bénédiction nuptiale. Cette fois, les dispenses et les autorisations sont valides, et Julien Mainguy, notaire apostolique et royal, est présent afin d'éviter toute contestation. Les nouveaux époux signent le registre, avec Julien Mainguy et Chesneau, prêtre qui a célébré l'office. Un seul parent est cité, il s'agit de Marguerite Voguet, tante maternelle de l'époux, qui signe aussi. Les Charette étant sénéchaux de Nantes de père en fils (ou presque), nul doute que leur intervention et leur influence ont été sollicitées pour obtenir les dispenses nécessaires.

Le Bas-Plessis appartenait aux Chenu depuis au moins cent ans, et bien que Gilbert Chenu, seigneur du Bas-Plessis, eut cinq fils parmi douze enfants de deux mariages, aucun ne lui survécu. C'est Renée, l'aînée de ses filles, qui en est l'héritière en 1665. On ne sait pas exactement à quoi ressemblait le Bas-Plessis à cette époque car le château a été incendié et détruit à la Révolution, mais dès le Bas Moyen Âge et dans l'ouest de la France (particulièrement en Bretagne), le Plessis désigne un lieu fortifié, protégé par des bois. Du château qui a pu exister en 1665 ne subsistent que deux tours, probablement de l'époque médiévale (inscrites MH).

Les Villoutreys ont été forcés d'émigrer à la Révolution et ont eu beaucoup de mal à rentrer dans leurs biens, dont il ne restait, au Bas-Plessis, que des ruines. A son retour d'Allemagne, Jean-François de Villoutreys habite dans l'une des deux tours. Un nouveau château est bâti par son petit-fils Jules en 1833, agrandi par Ernest, et le parc est créé dès 1869, avec une porterie à chaque entrée (ce parc, Site Protégé Classé depuis 1975, est ouvert toute l'année aux promeneurs).

En 1878, Ernest de Villoutreys fait ajouter une aile au château de son père, qui apparaît alors tel que sur ces cartes postales, ramenées par mon arrière-grand-mère lors d'un de ses séjours au Bas-Plessis, où elle a recopié l'histoire de l'hôtel de Villoutreys à Angers pendant la guerre. Cette aile de 1878 (première carte ci-dessous) a été démontée en 1982, elle abritait une bibliothèque qui fut confiée à l'Université Catholique de l'Ouest (je me souviens y avoir consulté deux ou trois ouvrages quand j'étais étudiant) puis à la Bibliothèque des Archives Départementales du Maine-et-Loire.

Collection A. de la Pinsonnais.

Généalogie :

François de Villoutreys
X Renée Chenu, dame du Bas-Plessis
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Louis de Villoutreys
X Marie-Louise Le Roux de la Roche des Aubiers
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Hardy de Villoutreys
X Marie de la Forest d'Armaillé
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Jeanne de Villoutreys (du Bas-Plessis)
X Jean-François de Villoutreys (de Brignac)
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Germain de Villoutreys
X Pauline Ayrault de la Roche
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Jules de Villoutreys de Brignac Paul de Villoutreys
X Elisabeth de Villebois-Mareuil X Stéphanie Pasquerays du Rouzay
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Ernest de Villoutreys Alfred de Villoutreys
X Marie Antoinette de la Tullaye X Marie Aubourg de Boury
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... Louise de Villoutreys
X Joseph-Edmond H. de la Pinsonnais
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Jean H. de la Pinsonnais
X Elisabeth de Brébisson
Mes grands-parents

Voir aussi : des photos récentes du Bas-Plessis.

A lire (un peu d'auto-promotion) : Généalogie de la famille de Villoutreys.

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

dimanche 15 mars 2009

Le château de Saint-Hénis (Andigné, Maine-et-Loire)

Siège de la seigneurie du Bois de la Cour dès le Bas Moyen-Âge, le château doit son nom actuel à la famille normande de Franquetot, barons de Saint-Hénis, qui l'achète au XVIe siècle. Dès le XVIIe, c'est la famille Ayrault qui en était propriétaire. C'est l'époque où les Ayrault, d'abord petite famille de la noblesse angevine, est devenue l'une des plus influentes d'Angers, grâce à un parcours "classique" d'officiers au présidial et à la municipalité d'Angers (les Boyslève ont suivi un parcours assez similaire).

Les Ayrault sont omniprésent parmi les personnes qui comptent et qui décident en Anjou, ils occupent entre autres plusieurs charges de maires et surtout de lieutenants civil et criminel au Présidial d'Angers, charge qu'ils monopoliseet durant 5 ou 6 générations ! Le personnage le plus distingué de cette famille est certainement Pierre Ayrault, né vers 1536, fils de René Ayrault (maire d'Angers en 1556) et Jacquine Loriot, qui fit des études de droit à Toulouse et Bourges, puis commença sa carrière à Paris où il fut choisi par le clergé de la ville pour plaider contre les Jésuites. Il achète en 1565 la charge de lieutenant-civil et criminel d'Angers (un peu l'équivalent d'un préfet), charge qui se transmettra de père en fils durant plus de 150 ans... Il exerce ses fonctions d'officier royal "modèlement" et durant la Ligue, il se range sans hésitation du côté du roi. Il est aussi connu comme juriste compétent et réputé, auteur de plusieurs livres, dont son plus célèbre, "De patrio jure" (ou De l'autorité paternelle contre ceux qui, sous prétexte de Religion, volent leurs enfants à leurs père et mère), alimenta longtemps les polémiques contre les Jésuites. Et pour cause, son fils aîné Guillaume, brillant et prometteur, entra à sans l'autorisation de son père chez les Jésuites à 16 ans, qui empêchèrent définitivement Pierre Ayrault de revoir son fils et compromirent son avenir en le reléguant à des occupations surtout destinées à le soustraire à la toute-puissance paternelle...

Côté généalogie, les Ayrault étaient assez prolifiques (je descend au moins quatre fois de René Ayrault) : de sa femme Anne Desjardins, fille du médecin de François Ier, Pierre Ayrault eut 15 enfants, et son fils aussi prénommé Pierre eut 17 enfants de deux mariages... Mais la mortalité infantile ne les a pas tous laissé vivre.

Mais ces Ayrault-là habitaient encore au château de la Roche à Ecuillé, c'est le petit-fils de Pierre Ayrault qui habitera à Saint-Hénis. Le château est alors entouré de vastes douves, que franchit un pont de pierre, défendu par deux fortes tours rondes. Il deviendra l'habitation principale des Ayrault de la branche aîné jusqu'en 1835. Il appartient alors à diverses familles jusqu'en 1894, lorsque Marie Aurélie Charlotte Aubourg de Boury, née en 1845, veuve d'Alfred de Villoutreys, le rachète avec l'héritage qu'elle vient de recevoir de son père. Il sera à nouveau vendu dans les années 1950, puis dans les années 1980, où il devient centre équestre, et revendu il y a quelques années... Fort heureusement, il fut l'objet d'un premier classement Monument Historique en 1961, classement annulé et remplacé par celui de 1998, qui protège l'ensemble du château, avec son enceinte et ses jardins, entourés de douves, ainsi que les grandes avenues plantées rayonnant à l'entoure.

Mon arrière-grand-mère, fille aînée de Marie Aubourg de Boury, a conservé plusieurs cartes postales du château que je vous fait partager aujourdh'ui. Elle a aussi conservé des photographies que je numériserais peut-être un autre jour pour ce blog...

Le château est visitable en Juillet et Août, mais je ne l'ai pas encore visité.





Collection particulière A. de la Pinsonnais.

Et en bonus, une carte qui n'a pas de lien avec ce billet si ce n'est l'endroit d'où elle vient, l'intérieur de l'église (mon arrière-grand-mère collectionnait plus facilement les intérieurs d'églises que les extérieurs, alors que moi, c'est l'inverse : nous nous complétons bien...).

Collection particulière A. de la Pinsonnais.

Saint-Hénis sur le ouaibe :
Petite bibliographie sur les élites à Angers aux XVI-XVIIe :
  • Le pouvoir municipal à Angers, Jacques Maillard, Presses de l'Université d'Angers, 1984, 2 volumes. Aborde plus de sujets que son titre ne pourrait le laisser croire.
  • Les nobles, la ville et le roi, Laurent Bourquin, Belin, 2001. Le livre n'est pas mauvais mais aurait été plus pertinent si l'auteur ne s'était pas arrêté aux seuls grand nobles (Brissac, du Bellay...) mais avait plus étudié les élites locales (comme l'a fait Jacques Maillard, mais seulement pour la municipalité), qu'il survole à peine.
Généalogie :
Emilien Aubourg de Boury
X Charlotte de Mengin-Fondragon
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Marie Aurélie Charlotte Aubourg de Boury
X Alfred Paul Germain de Villoutreys de Brignac
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Louise de Villoutreys de Brignac
X Joseph-Edmond Hochedé de la Pinsonnais
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Jean H. de la Pinsonnais
X Elisabeth de Brébisson
Mes grands-parents
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