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Tag - restauration

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dimanche 4 avril 2010

Le Parlement de Bretagne (2)

Le palais du Parlement de Bretagne n'a pas été touché par l'incendie de 1720 qui a ravagé le reste de la ville, mais le feu prend sa revanche le 4 février 1994. Lors d'une manifestation, une fusée de détresse casse une ardoise. La charpente, constituée d'un très grand nombre de madriers de chêne, s'embrase et à 0h30, des passants donnent l'alerte. Dix minutes plus tard, l'ensemble de la toiture est en feu. L'incendie, spectaculaire (on peut en voir un film à l'Office du Tourisme de Rennes), n'a principalement touché que le toit. C'est l'eau qui a causé le plus de dégâts, car moins d'une heure après l'extinction du feu, de grandes parties de la toiture s'effondrent sur le premier étage.

Pendant l'incendie, les responsables des Monuments Historiques, des affaires culturelles et des Beaux-Arts collaborent avec les pompiers : presque tout, meubles, tableaux, tapisseries jusqu'aux dossiers judiciaires a été sauvé. Quelques mois plus tard, la décision de le restaurer à l'identique est prise. Voici quelques cartes postales anciennes, donc bien avant l'incendie, et quelques photos d'après la restauration.


La Salle des Pas Perdus doit son nom aux déambulations des avocats qui attendaient ici le moment de leur plaidoiries. Cette très grande salle a été la plus touchée lors de l'incendie de 1994.


Les tapisseries autrefois dans la première chambre civile (aujourd'hui salle de réunion) n'y sont plus, je ne sais pas si cela a un lien avec l'incendie.


La salle des assises a été réaménagée pour satisfaire aux exigences de la justice actuelle, on peut voir sur la gauche que les fenêtres donnant sur la cour ont été repercées, mais cela a été fait je crois vers 1920.

(Collection A. de la Pinsonnais)

Pour aller plus loin :


- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

vendredi 30 octobre 2009

Ancenis, une restauration à terminer...

Voici quelques cartes anciennes d'Ancenis, ancienne baronnie et place forte du duché. L'importance de la place, dans les Marches de Bretagne, en bord de Loire, face à l'Anjou, justifie l'emplacement d'un château et la fortification de la ville. Aujourd'hui, il ne reste plus que le château, dont les tours ont été restaurées, mais leurs abords directs sont complètement négligés, comme ce qui ne se voit pas de la rue (le logis). Les extérieurs se visitent librement, mais peut-être plus pour longtemps car la mairie a le projet de construire un bâtiment administratif moderne dans le petit parc du château (voir liens en fin d'article), avant d'envisager la restauration du logis...

Voici quelques cartes anciennes et quelques photos prises cet été, en passant à Ancenis par hasard.



(Collection A. de la Pinsonnais)

L'avenir du château en question :

Un récent article sur les fortifications d'Ancenis :
  • Enquête sur les fortifications urbaines d'Ancenis, par Bertrand Boquien, Bulletin de la SAHNLA 2008, tome 143, p. 185-203 (fiche bibliographique).

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

samedi 19 septembre 2009

La restauration de Suscinio

Suscinio était une résidence des ducs de Bretagne. C'est un manoir bâti au milieu des marais de Sarzeau, leur proximité permettait ainsi aux ducs de s'adonner à la chasse. Ils appréciaient particulièrement le cadre de la presqu'île de Rhuys, Suscinio fit donc l'objet de leurs soins. Bien qu'il ne fut jamais réellement destiné à une utilisation militaire, il est doté dès sa version de 1218 de hautes tours saillantes, comme l'étaient celles des châteaux royaux. Hors de l'enceinte, la chapelle ducale qui ne servait qu'une ou deux fois par an tenait plus de la collégiale princière que d'un oratoire de campagne. Incendiée en 1380, il n'en reste plus aujourd'hui qu'un magnifique pavement de 300m². Les ducs, surtout Jean IV, Jean V et François II, agrandiront progressivement le château aux XIVe et XVe siècles.

Abandonné dès le XVIe siècle (il n'y a déjà plus de planchers), Suscinio connu à la Révolution le sort de beaucoup d'autres grands châteaux : il servit de carrière de pierres. Mérimée, devenu inspecteur des Monuments Historiques en 1834, classe Suscinio dès l'année suivante. Mais contrairement au château de Pierrefonds, aucune restauration n'est envisagée pour Suscinio, et au début du XXe siècle, ce n'est plus qu'une ruine, comme le montre les sept cartes postales que j'ai choisi de vous présenter aujourd'hui.

Les choses changent en 1965 : le Conseil Général rachète Suscinio. En 1968 commencent les travaux de restauration : il ne s'agit que de consolider et conserver l'édifice dans son état d'alors. Les choses changent cinq ans plus tard, lors de fouilles en 1973 et 1975 lorsqu'on découvre les restes de la chapelle et du pavement, exceptionnel et sans équivalent dans toute l'Europe. Le Conseil Général prend alors la décision de restaurer les toitures : grâce à des relevés archéologiques et des documents d'archives contenant des relevés précis, la restitution de ces toitures sera fidèle.

Le visiteur qui voit Suscinio aujourd'hui n'est donc pas devant un château imaginaire, le manoir lui apparaît réellement tel qu'il était (sauf bien entendu pour les parties non restaurées) à la fin du XVe siècle. J'ai donc accompagné mes cartes postales de (grandes) photos prises cet été, reprenant à peu près les mêmes vues que les cartes...

Il est aujourd'hui impossible de reprendre cette même vue, entre temps, l'étang a été comblé, et une maison a été bâtie (devinez avec quelles pierres) entre l'endroit où se trouvait le photographe et le château.



Là encore, cette photo est impossible à prendre aujourd'hui, mais pour la raison inverse : les deux dames et le monsieur de la carte seraient au fond du marais...

 










(Collection A. de la Pinsonnais)

Pour aller plus loin :


- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.


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