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mercredi 27 mai 2009

Edit de novembre 1696, le brevet de Luc Brindejonc

En novembre 1696, le roi proclame un édit qui prescrit de dresser un Armorial, dont le juge d'armes Charles d'Hozier serait le garde. L'Armorial est ouvert à tous, aux nobles et aux personnes du Tiers qui méritent d'en avoir. Des bureaux sont mis en place où les possesseurs d'armoiries viendront faire leurs déclarations, et où ceux qui désirent en recevoir viendront présenter leurs demandes. Après examen, des brevets portant le dessin du blason leur seront remis, et leurs armes seront décrites et dessinées dans le recueil conservé à Paris.

En réalité, et le roi le dit explicitement quand il abroge cet édit en 1700 : le véritable motif de l'édit n'est pas de dresser un Armorial pour conserver la trace des armes des familles concernées, mais bien financier. Les caisses du Trésor royal étaient vides, le roi avait besoin d'argent pour soutenir sa guerre contre la Ligue d'Augsbourg. Cet édit fit partie d'une série de mesures destinées à renflouer les caisses.

Les particuliers devaient en effet payer 20 livres (plus les taxes de 2 sols par livre, plus 30 sols pour les frais de brevets, soit en tout 23 livres et dix sols), les provinces 300 livres, les villes avec évêchés ou cour supérieure 100 livres, les autres villes 50 livres, etc... Au total, Henri Bourde de la Rogerie (directeur des Archives du Finistère puis d'Ille-et-Vilaine, de 1897 à 1912 et de 1912 à 1934, ancien président de la SHAB) estime que la Bretagne contribua à hauteur de 211.000 livres, l'édit devant rapporter au Trésor, pour toute la France, la somme de 5833000 livres. L'exécution de l'édit avait été attribuée à une société de financiers qui étaient autorisés à percevoir plus que la somme demandée pour le Trésor, pour couvrir leurs frais et augmenter leurs profits. Les commissaires chargés de son exécution ne se contentèrent donc pas des déclarations spontanées, et certains enregistrements étaient obtenus de force (en Provence, tout un village y passa).

Pour la Bretagne, Pol Potier de Courcy (Nobiliaire et Armorial de Bretagne, 1890) estime que sur les 9771 enregistrements, seuls 5269 furent spontanés. Et gare à ceux qui rechignaient à se faire inscrire (et surtout à payer), car les commissaires leurs attribuaient des blasons d'office, parfois peu flatteurs (des pots de chambres pour un barbier, des seringues à lavement pour un apothicaire...). André-Yves Bourgès a récemment attiré notre attention sur le cas des officiers et notaires de Guérande, qui ont du faire de la résistance ; l'un d'eux se voit attribuer un âne bâté, l'autre un âne assis sur une chaise... Le plus souvent, les commissaires fabriquent des blasons simples et ne font aucune recherche : soit ils jouent sur le nom du porteur (des roussettes pour Rouxel, des pommes de pin pour Pépin, une toison de laine pour Goulaine, Le Flo reçoit un fléau, le sieur de la Rouaudais dont on ne connaît même pas le patronyme reçoit une roue...), soit il mettent simplement les initiales de la personne sur un champ uni (JD pour Joseph Daniel, JL pour Jean Launay, MH pour Marie Hamon...), ou bien encore, ce qui est plus rapide, ils inventent des blasons en série, se contentant simplement de faire varier les couleurs (la fin du cinquième registre de Rennes est particulièrement représentative de ce procédé).

Si beaucoup de bourgeois ou d'artisans ont été contraints de payer la taxe et se sont vus attribué un blason contre leur gré, d'autres, qui avaient quelqu'ambition, ont pu voir dans cet édit l'occasion de recevoir un signe officiel de reconnaissance sociale. Ce fut probablement le cas de Luc Brindejonc, dont Pascal Lorant a retrouvé le brevet d'armoiries qui lui fut délivré à l'occasion de cet édit.

Luc Brindejonc fut parmi les premières personne à se présenter au bureau de Rennes, il est donc plus que probable qu'il vint se présenter de lui-même. Issu d'une famille roturière débutant son ascension sociale, il ne portait peut-être pas d'armoiries auparavant, et ces armes furent sans doute créées pour l'occasion.

Il est né le 31 décembre 1657 à Rennes, paroisse Saint-Germain, fils d'Olivier Brindejonc, sieur de la Maisonneuve (1630-1703) et de Perrine Jamet (-1694). Il épouse le 28 février 1683 Françoise Fougère (je ne connais pas d'enfants à ce couple), et est décédé à 67 ans le 5 novembre 1724. Il est dit sieur de la Marre (au Rheu, Ille-et-Vilaine) et du Plessis, il eut au moins deux fils, Etienne-Jean, jurisconsulte, seigneur du Plessis, en Plouasne, dont descendance, et Bernard-Etienne. Son frère cadet, Olivier (ou Pierre ?), né en 1675 à Rennes, semble avoir suivi une carrière militaire (merci aux amis du forum Noblesse Bretonne).

Luc Brindejonc a débuté comme avocat au Parlement où il fut reçu en 1678 (son père l'a été avant lui), et en 1695, avait comparu à une montre de l'évêché de Saint-Malo. En 1702, 1706 et 1708, il reçu des certificats comme ayant servi comme gentilhomme dans la compagnie colonelle du régiment de la noblesse de l'évêché de Saint-Malo (il était cependant domicilié rue de la Filandrie à Rennes en 1703). En 1721, il déclara avoir perdu de grands biens lors de l'incendie de Rennes, où il décéda trois ans plus tard et fut inhumé dans l'église Toussaints. En 1732, lui, son père et son frère furent reconnus nobles par un certificat des membres de la noblesse des Etats de Bretagne, et en 1735, ils le sont encore avec les deux fils de Luc connus, par l'ordonnance des états de Bretagne (merci à Johann Leconte pour ses informations biographiques particulièrement détaillées). Ces reconnaissances de noblesse sont en fait basées sur des généalogies truquées, faisant descendre les Brindejonc de la famille irlandaise Bermingham.

Registre 1er

Numero 128

[blason]

Les armes cy dessus m'ont esté presentées en ce Bureau par Monsieur Luc Brindejonc de la Marre Sieur du Plessis avocat au parlement de Bretagne et les droits m'ont esté aussy payes donc jay delivre son recepicé à Rennes le cinquieme May 16e quatre vingt dix sept

Signé : Barabé

Bretagne
Rennes

N° 128 [blason]

Par ordonnance rendue le 3e du mois de Jan[vi]er de l'an 1698 par Mrs les Commissaires Généraux du Conseil députés sur le fait des Armoiries.
Celles de Luc Brindejonc de la Marre, Sr du Plessis - Avocat au Parlement de Bretagne.

Telles qu'elles sont ici peintes & figurées, après avoir été reçues, ont été enregistrées à l'Armorial Général, dans le Régistre cotté Bretagne, en conséquence du payement des droits réglés par les Tarifs & Arrest du Conseil, du 20e de Novembre de l'an 1696, en foi dequoi, le présent Brévet a été délivré par Nous Charles d'Hozier, Conseiller du Roi, & Garde de l'Armorial Général de France, &c.  A Paris le 19e du mois de Fév[ri]er de l'an 1698.

Signé : dhozier


Documents publiés avec l'aimable autorisation des Archives départementales d'Ille-et-Vilaine (ADIV C 2253), reproduction interdite sans autorisation des ADIV.

Je remercie M. Pascal Lorant pour m'avoir transmis ce document, M. Eric Joret, directeur par intérim des Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine pour m'avoir autorisé à le reproduire, et M. Bruno Isbled, archiviste et président de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne pour avoir aiguillé ma demande.

Pour en savoir plus sur l'édit de 1696, je renvoie le lecteur à la préface de Bourde de la Rogerie à l'Armorial Général de France, Bretagne, par Chassin du Guerny, paru en 1930 à Rennes.

mercredi 13 mai 2009

L'armorial de du Paz, 3

Voici la fin des blasons donnés en 1619 par du Paz dans son Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne. Les blasonnements sont ceux de du Paz. Cela fait donc en tout 49 blasons (1), donc deux fois Montauban. Un seul blason ne figure pas sur ce blog, celui de la famille de la Jaille, qui est un lion accompagné de sept coquilles, car j'ai raté la photo de la page 332...

Mathefelon (de)
De gueules à trois faux escussons d'or

Mathefelon



Maure (de)
De gueules au croissant vairé d'argent & d'asur

Maure



Montafilant (de)
De gueules à quatre fusees d'argent semees d'hermines, & six besants d'argent aussi semez d'hermines

Montafilant



Montauban (de)
Ce premier dessin est inséré dans la notice de Landal, car Mahaud d'Aubigné, dame de Landal, a passé cette terre à son mari Olivier de Montauban.
De gueules à neuf Macles d'or au lambeau d'argent de quatre pieces

Montauban



Montauban (de)
Ce dessin-ci est celui de la notice de Montauban.
De gueulles a neuf Macles d'or au Lambeau d'argent de quatre pieces

Montauban



Montrelais (de)
D'or, à six Cotices d'asur

Montrelais



Parigné (de)
D'argent à une croix de sable

Parigné



Parthenay (de)
D'argent, à la croix patee de sable

Parthenay



Plessis-Anger (du)
Vairé contre-vairé d'argent & d'asur

Plessis-Anger



Raiz (de) (ou Retz)
pas de description

Raiz (Retz)



Rochefoucaud (de la)
Burelé d'argent & d'azur de dix pieces chargées de trois chevrons brisez de gueulles

Rochefoucaud



Rougé (de)
De gueules à une Croix patee d'argent

Rougé



Scepeaux (de) Ce blason est en fin de la notice de la Jaille.
Vairé contrevairé d'argent & de gueules de huict pieces

Scepeaux



Tinténiac (de)
D'argent à deux jumelles d'asur chargées d'un baston de gueules

Tinténiac



Tuffin
A cause d'une digression sur la Rouerie dans l'article Dol-Combourg
d'argent à la bande de Sable chargée de trois croissans d'argent

Tuffin




Enfin, voici les deux blasons gravés et dorés de la couverture. Le premier dessin est le blason du premier de couverture (armes de France et de Bretagne), le second est celui du quatrième de couverture (armes de la Bretagne). Le cuir a vieilli et est un peu jauni, ce qui fait qu'il est parfois difficile de distinguer ce qui est de la dorure et ce qui ne l'est pas, d'où les nombreuses imprécisions du dessin. La dorure étant plus claire que le cuir brun, les dessins sont en négatif.

Premier de couverture




Et pour terminer, voici la liste des notices traitées par du Paz (d'après le sommaire pages 9 et 10)...

Penthièvre et Avaugour
la Hunaudaye
Quintin
Chateaubriant
la Guerche et Pouancé
Martigné-Ferchaut
du Chastelier d'Eréac et de Branxian
Beaumanoir
Besso
Dinan
Montafilant
la Bellière
Montejean
Derval
Rougé
Malestroit
Kaer
Oudon
Retz
Machecoul
Chateaugiron
Espinay
Mathefelon, comtes de Duretal
la Jaille
la Rochefoucaud
du Guesclin
Broon, Brondineuf et Fourneaux
la Roberie
Landal
Lorgeril
Lanvalay et Tressaint
la Tourniole (Guémadeuc)
Parthenay (en Bretagne)
Parrigné
la Chesnaye (le Bouteiller)
Saint-Etienne (en Fougerais)
la Rubaudière, puisnés de la Feuillée
Dol & Combourg
Montauban
Bois de la Roche
Tinténiac
Acigné
Loheac
Maure
Plessis-Anger
Montrelais
la Marzelière
Argentré
Guigen
Carmen
Goulaine
Bois de la Motte
Craon
Breil de Rais
Tisé
Netumières (Hay)
Champagné





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mercredi 6 mai 2009

L'armorial de du Paz, 2

Voici la suite des blasons (1) de l'Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne de du Paz, paru en 1619. Les blasonnements sont ceux donnés par du Paz (la fin bientôt)...

Derval (de)
escartelé d'hermines & d'argent à deux faces de gueules

Derval



Dinan (de)
De gueules à quatre fusees d'argent semees d'hermines, & quatre besants d'argent aussi semez d'hermines

Dinan



Dol-Combourg (de)
Escartelé d'argent & de gueules

Dol-Combourg



Espinay (d')
D'argent au Lyon rampant, le hault de gueules, & le bas de sinople, couronné, lampassé, & armé d'or.

Espinay



Goulaine (de)
Party d'Angleterre & de France, sçavoir de gueules à trois demy Leopars d'or, & d'azur à une fleur de lys & demie d'or

Goulaine

Chiffre d'Alphonse de Goulaine
Alphonse de Goulaine



Guerche (de la), et de Pouencé
De gueulles à deux Leopards d'or

Guerche



Guesclin (du)
D'argent à l'Aigle espolyée de sable, au baston de gueules brochant sur le tout mis en forme de bande

Guesclin



Guitté (de)
d'azur à la croix d'argent plaine

Guitté



Hérisson
d'argent à trois Heriçons de sable

Hérisson



Hunaudaye (de la)
Escartelé d'or, & d'azur

Hunaudaye



Jaille (de la) (ou plutôt de Longueville)
Burelé d'argent, & de gueulles de huict pieces au Lion mort-né sans ongle ny langue, de sable

Jaille



Landal (de)
D'argent à quatre fusees de gueules

Landal



Loheac (de)
Vairé contre-vairé d'argent & d'asur

Loheac



Lorgeril (de)
De gueules a trois molettes d'argent & un Chevron couplé de mesmes semé d'Ermines

Lorgeril



Machecoul (de), en Raiz
pas de description

Machecoul



Malestroit (de)
De gueules à neuf Besans d'or

Malestroit



Martigné-Ferchaud (de)
Une quinte feuille

Martigné





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