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Tag - Réformation

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vendredi 30 septembre 2011

Tudchentil et le Rosmorduc : c'est fini !

Cet après-midi, j'ai numérisé quelques 2400 pages à la Bibliothèque municipale de Rennes. Parmi celles-ci, deux pages de La noblesse de Bretagne devant la Chambre de Réformation 1668-1671, ouvrage en 4 volumes de 2500 pages publié de 1896 à 1905 par Georges Le Gentil de Rosmorduc. J'ai transcrit ces pages ce soir et je les ai mises sur Tudchentil, avec les 243 autres arrêts de la Réformation publiés dans ce recueil.

Je ne reviens pas sur les circonstances qui nous empêchent de publier maintenant ces transcriptions et de faire ainsi honneur au travail précurseur de Georges Le Gentil de Rosmorduc, la mise en ligne se fera à partir de janvier 2012. Les deux premiers arrêts mis en ligne seront aussi une forme d'hommage au fondateur de Tudchentil, disparu en 2005, car il s'agit d'un arrêt transcrit par Norbert Bernard lui-même et de l'arrêt concernant la famille de Treanna, que Norbert à beaucoup étudiée.

Sauf les deux pages numérisées cet après-midi, le travail est en réalité terminé depuis avril dernier, je prend prétexte de ce petit évènement pour remercier les transcripteurs bénévoles et partager quelques chiffres :
- 2 ans et demi de travail
- 2500 pages
- 244 arrêts
- 6 transcripteurs actifs et réguliers
- 1 coordinateur et relecteur

Les transcripteurs n'ont pas tous œuvré simultanément, et l'ont fait selon leur disponibilité et leur bonne volonté, la bonne nouvelle est qu'il n'y a jamais eu d'arrêt, mais toujours au moins 3 personnes d'actives. Voici à peu près la répartition des bénévoles ayant fait 5 transcriptions ou plus, par ordre d'arrivée des transcripteurs :
- Rémy Le Martret : 10%
- Patrick Brangolo : 5%
- Jean-Claude Michaud : 25%
- Marie-Dominique Dolo : 14%
- Jean-Claude Bourgeois : 4%

7% des arrêts a été transcrit par divers transcripteurs, qui ont chacun transcrit de 1 à 4 arrêts. Le reste (35%), par votre serviteur. Les arrêts seront publiés régulièrement, tous les 2 ou 3 jours, sur Tudchentil durant les années 2012 et 2013.

Mais l'aventure est loin d'être terminée, et nous nous sommes maintenant attaqués aux preuves de noblesses des bretons et bretonnes pour être admis(es) dans les Ecuries du roi, les demoiselles de Saint-Cyr ou l'Ecoles militaire : il n'est pas trop tard pour nous rejoindre, et mieux, il y a du travail pour tout ceux qui voudront nous rejoindre !

samedi 20 novembre 2010

Baptême de Claude François Poullart des Places

Rennes a fêté en 2009-2010 le tricentenaire de la mort de Claude François Poullart des Places, rennais fondateur de la Congrégation du Saint-Esprits (Spiritains).

Ma famille a un lien particulier avec les Poullart, puisque l'acte le plus ancien concernant les Hochedé que je connaisse est l'acte de mariage en 1691 de Jacques Hochedé, sieur de Bellair, et Claude Davy, dame du Brossais et héritière de la Pinsonnais. Je ne connais rien des Hochedé avant ce mariage. Mais parmi les témoins de celui-ci, figurent Jeanne Le Meneust, femme de François-Claude Poullart, sieur des Place, juge-garde de la Monnaie à Rennes, oncle de l'époux, et leur fils Claude François Poullart. Il avait alors douze ans. Je ne sais pas exactement comment Jacques Hochedé, fils d'Olivier Hochedé et de Renée Le Febvre, était cousin avec le fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit, si vous avez une piste, cela m'intéresse.

Voici l'acte de baptême de Claude François Poullart.

Claude François, né du jour d'hier, fils de n. h. Claude François Poullart, advocat en la cour, et demoiselle Janne Mesneust sa compagne, sr et dames des Places, a esté baptisé en cette eglize par n. et d. messire Julien Roussigneul Rr de.... et tenu sur les ss fonds baptismaux par haut et puissant seigneur messire Claude de Marbeuf, chevallier, seigneur de Laillé, du Gué et autres lieux, conseiller du roy en ses conseils et president de son Parlement de Bretagne, parain, et damoiselle Françoise Truillot, dame de Ferret, marainne, lesquels ont signé ce jour vingt et septiesme de feuvrier mil six cent soixante et dix neuf, avec plusieurs autres personnes de qualité.

[Signent :] C de Marbeuf, Françoise Truillot, C de Marbeuf sr L'houuenin, Marie Le Gouverneur, François Gouyon de Beaucorps, Gillette Leszot, Ferret, Roussigneul R d. S. G.

Source : Archives Municipales de Rennes, GGStPS2, registres paroissiaux de Saint-Pierre en Saint-Georges, 1679 (archives en ligne, vue 256).

François Claude Poullart, le père, originaire de Moncontour, était le descendant des Poullart, famille qui eut une période faste durant la guerre de Succession et le règne de Jean IV au XIVe siècle, où ils s'illustrèrent au Combat des Trente et avec un évêque de Rennes et Saint-Malo. La famille avait perdu sa splendeur, mais ne désespérait pas de retrouver ses titres. François-Claude n'avait pas été inquiété lors de la réformation de 1669-71, mais en 1677 au moment de son mariage, il fit inscrire sur l'acte de mariage qu'il déclarait ne renoncer ny prendre la qualité d'escuyer, prise par ses ancêtres, jusqu'à avoir recouvert ses titres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, registres de Servon-sur-Vilaine, 1677).

Son fils Claude François étudia le droit pendant près de deux ans à Nantes, de 1698 à 1700. On peut supposer qu'à l'occasion de ses voyages de Rennes à Nantes, il fit quelques haltes chez son cousin, à la Pinsonnais. Peut-être un jour en trouverons-nous le souvenir...

Pour aller plus loin :

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dimanche 10 octobre 2010

Les galères et la pendaison pour avoir falsifié des actes de baptême !

En 1670, les frères Roberd présentent leurs titres devant la Chambre établie pour la réformation de la noblesse de Bretagne en 1668, en espérant être maintenus comme nobles, afin de ne pas payer les impôts et profiter de quelques privilèges. pour augmenter leurs chances, ils glissent dans leur dossier deux faux, obtenus avec la complicité de l'alloué du Plessix-Balisson, du sénéchal de Saint-Jagu et de leurs greffiers.

Raté. En temps ordinaire, les commissaires de la Chambre rendent la justice, ils ne sont pas dupes et savent s'y prendre pour dissuader les faussaires. Voici le jugement rendu par eux contre François et Yves Roberd.

du 20 décembre 1670

François Roberd, sieur de la Basse Tourche, et Yves Roberd, Contuilledagne, frères, maitre Claude Le Roy, alloué de la juridiction du Plessix-Balisson, Gilles Briand greffier d'icelle, maitre Nicolas Gigou, seneschal de la juridiction de Saint Jagu, et maitre Julien Hervé, greffier de laditte juridiction, deffendeurs.

Sur la veu du proces criminel extraordinairement faict contre eux et production du procureur general avec ses conclusions, à ce qu'ils eussent esté pandus et estranglés et leurs biens confisqués, et les autres conclusions vers lesdits Le Roy, Gigou, Briand et Hervé soient adjugées, mais les conclusions contre ces derniers ne sont pas exprimées.

La Chambre, faisant diffinitivement droict, a declaré lesdits François et Yves Roberd deuement attaints et convaincus d'avoir faict et fabriqué les deux extraits du baptesme des paroisses de Nostre Dame de Landouert et de Saint Lunaire de Pontual des 2e juin 1465 et 18e novembre 1587 et falsifié le papier des baptesmes de ladite paroisse de Saint Lunaire, ayant effacé au haut du 8e feillet verso dud. papier, un extraict de baptesme, pour y escrire celuy de André Roberd fils de Jan et de Jullienne de Launay dudit jour 18e novembre 1587, ordonne que lesdits extraicts seront biffés et lacerés, et celuy escrit sur lesdits papier rayé en l'audience de ladite Chambre, et pour reparation publique les a condamnés d'estre pris par l'executeur criminel en la Conciergerie de la Cour, nuds en chemise, la corde au col, tenants en leur mains chascun une torche de cire ardante du poids de trois livres, conduits à ladite audiance, pour y faire amande honorable, demander pardon à Dieu, au Roy, et à la justice, confesser hautement avoir fabriqué, falsifié, et altéré lesdits extraicts et papiers de baptesme, condamnés de servir le Roy en ses galeres comme forçats pendant le temps de cinq ans, et au cas qu'ils seroient trouvés hors icelles, jusques à avoir servi ledit temps, d'estre pandus et estranglés jusqu'à extermination de vie sans autre forme de proces, les condamne outre solidairement en 300 livres d'amande au Roy, et pareille somme d'aumosne ;

Et au regard des autres accusés pour les cas mentionnés au proces, a declaré ledit Le Roy incapable de faire à l'advenir aucune fonction de justice, luy fait deffanses d'en faire exercice à peine de nullité et de faux et autres peines y echeant, l'a condamné en 150 livres d'amande au Roy et en pareille somme d'Aumosne ; ledit Bruand (ou Briand) en pareille somme d'amande et d'aumone, et lesdidts Gigon et Hervé solidairement en cent livres d'amande et cent livres d'aumone, toutes lesdites aumosnes applicables, sçavoir sur celles dues par lesdits Roberd, 50 livres à chascun des hospitaux de Saint Yves et de la Santé, couvent des Capucins et religieuses de Sainte Catherine, 30 livres à chascun de ceux des Jacobins et Augustins de Rennes, et 40 livres à l'hospital de Saint Méen pres Joué, sur celle deue par ledit Le Roy 100 livres aux filles penitantes et 50 livres aux religieuses hospitalieres, sur celle deue par ledit Bruaud (ou Briand) 100 livres aux peres Jésuites et 50 livres aux Minimes, et sur celle deue par lesdits Gigeou et Hesrvé 40 livres au nommé Litolphil, et 30 livres à chascun des couvents des Cordeliers et Carmes de Rennes, fait deffancses auxdits accusés de retomber en pareille faute à peine de la vie, et les à condamnés solidairement aux frais de procédures.

Et au revers dudit arret est escrit et chiffré de la main de monsieur le premier president, Retentum que ledit Le Roy aura trois moys pour se deffaire de sa charge.

Source : Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms516, Troisième registre... p.385-386.

Les frères Roberd furent aussi condamnés le mois suivant à 400 livres d'amende chacun, comme usurpateurs de noblesse. Leurs preuves étaient réellement insuffisantes, mais on ne peut pas dire que la production de ces faux devant la Chambre les ait vraiment aidés...

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