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Cartes postales anciennes

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vendredi 30 octobre 2009

Ancenis, une restauration à terminer...

Voici quelques cartes anciennes d'Ancenis, ancienne baronnie et place forte du duché. L'importance de la place, dans les Marches de Bretagne, en bord de Loire, face à l'Anjou, justifie l'emplacement d'un château et la fortification de la ville. Aujourd'hui, il ne reste plus que le château, dont les tours ont été restaurées, mais leurs abords directs sont complètement négligés, comme ce qui ne se voit pas de la rue (le logis). Les extérieurs se visitent librement, mais peut-être plus pour longtemps car la mairie a le projet de construire un bâtiment administratif moderne dans le petit parc du château (voir liens en fin d'article), avant d'envisager la restauration du logis...

Voici quelques cartes anciennes et quelques photos prises cet été, en passant à Ancenis par hasard.



(Collection A. de la Pinsonnais)

L'avenir du château en question :

Un récent article sur les fortifications d'Ancenis :
  • Enquête sur les fortifications urbaines d'Ancenis, par Bertrand Boquien, Bulletin de la SAHNLA 2008, tome 143, p. 185-203 (fiche bibliographique).

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

samedi 19 septembre 2009

La restauration de Suscinio

Suscinio était une résidence des ducs de Bretagne. C'est un manoir bâti au milieu des marais de Sarzeau, leur proximité permettait ainsi aux ducs de s'adonner à la chasse. Ils appréciaient particulièrement le cadre de la presqu'île de Rhuys, Suscinio fit donc l'objet de leurs soins. Bien qu'il ne fut jamais réellement destiné à une utilisation militaire, il est doté dès sa version de 1218 de hautes tours saillantes, comme l'étaient celles des châteaux royaux. Hors de l'enceinte, la chapelle ducale qui ne servait qu'une ou deux fois par an tenait plus de la collégiale princière que d'un oratoire de campagne. Incendiée en 1380, il n'en reste plus aujourd'hui qu'un magnifique pavement de 300m². Les ducs, surtout Jean IV, Jean V et François II, agrandiront progressivement le château aux XIVe et XVe siècles.

Abandonné dès le XVIe siècle (il n'y a déjà plus de planchers), Suscinio connu à la Révolution le sort de beaucoup d'autres grands châteaux : il servit de carrière de pierres. Mérimée, devenu inspecteur des Monuments Historiques en 1834, classe Suscinio dès l'année suivante. Mais contrairement au château de Pierrefonds, aucune restauration n'est envisagée pour Suscinio, et au début du XXe siècle, ce n'est plus qu'une ruine, comme le montre les sept cartes postales que j'ai choisi de vous présenter aujourd'hui.

Les choses changent en 1965 : le Conseil Général rachète Suscinio. En 1968 commencent les travaux de restauration : il ne s'agit que de consolider et conserver l'édifice dans son état d'alors. Les choses changent cinq ans plus tard, lors de fouilles en 1973 et 1975 lorsqu'on découvre les restes de la chapelle et du pavement, exceptionnel et sans équivalent dans toute l'Europe. Le Conseil Général prend alors la décision de restaurer les toitures : grâce à des relevés archéologiques et des documents d'archives contenant des relevés précis, la restitution de ces toitures sera fidèle.

Le visiteur qui voit Suscinio aujourd'hui n'est donc pas devant un château imaginaire, le manoir lui apparaît réellement tel qu'il était (sauf bien entendu pour les parties non restaurées) à la fin du XVe siècle. J'ai donc accompagné mes cartes postales de (grandes) photos prises cet été, reprenant à peu près les mêmes vues que les cartes...

Il est aujourd'hui impossible de reprendre cette même vue, entre temps, l'étang a été comblé, et une maison a été bâtie (devinez avec quelles pierres) entre l'endroit où se trouvait le photographe et le château.



Là encore, cette photo est impossible à prendre aujourd'hui, mais pour la raison inverse : les deux dames et le monsieur de la carte seraient au fond du marais...

 










(Collection A. de la Pinsonnais)

Pour aller plus loin :


- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.


samedi 22 août 2009

Le Bas-Plessis ou Plessis-Villoutreys

Jean-François de Villoutreys m'a invité récemment au Bas-Plessis (qui fut aussi appellé Plessis-Villoutreys), propriété des Villoutreys depuis leur arrivée en Anjou.

On trouve dans les registres paroissiaux de Saint-Denis de Nantes, un premier acte qui parle d'eux le 27 avril 1665. L'acte est assez difficile à lire, mais ça ne ressemble pas vraiment à un acte de mariage. Il parle de la promesse de mariage d'entre escuyer François de Villautreye seigneur de Bignolesse et damoiselle Renée Chenu damoizelle du Bas Plessis, puis mentionne les dispenses obtenues par les futurs époux qui étaient parents au quatrième degré par les Charette (famille nantaise originaire des environs de Ploërmel), et il semble bien que le prêtre avait quelques soupçons sur la légitimité de ce mariage, car il ne le célèbre simplement pas. Il faudra attendre quelques mois et une bulle de l'évêque de Nantes pour régulariser la situation. On lit enfin deux pages plus loin, dans ce même registre, que le dix septme jour de novemb mil six cent soixante cinq avant midy, [...] messire François de Viloutreix seigneur de Bignolesse et damlle Renée Chenu ont reçu la bénédiction nuptiale. Cette fois, les dispenses et les autorisations sont valides, et Julien Mainguy, notaire apostolique et royal, est présent afin d'éviter toute contestation. Les nouveaux époux signent le registre, avec Julien Mainguy et Chesneau, prêtre qui a célébré l'office. Un seul parent est cité, il s'agit de Marguerite Voguet, tante maternelle de l'époux, qui signe aussi. Les Charette étant sénéchaux de Nantes de père en fils (ou presque), nul doute que leur intervention et leur influence ont été sollicitées pour obtenir les dispenses nécessaires.

Le Bas-Plessis appartenait aux Chenu depuis au moins cent ans, et bien que Gilbert Chenu, seigneur du Bas-Plessis, eut cinq fils parmi douze enfants de deux mariages, aucun ne lui survécu. C'est Renée, l'aînée de ses filles, qui en est l'héritière en 1665. On ne sait pas exactement à quoi ressemblait le Bas-Plessis à cette époque car le château a été incendié et détruit à la Révolution, mais dès le Bas Moyen Âge et dans l'ouest de la France (particulièrement en Bretagne), le Plessis désigne un lieu fortifié, protégé par des bois. Du château qui a pu exister en 1665 ne subsistent que deux tours, probablement de l'époque médiévale (inscrites MH).

Les Villoutreys ont été forcés d'émigrer à la Révolution et ont eu beaucoup de mal à rentrer dans leurs biens, dont il ne restait, au Bas-Plessis, que des ruines. A son retour d'Allemagne, Jean-François de Villoutreys habite dans l'une des deux tours. Un nouveau château est bâti par son petit-fils Jules en 1833, agrandi par Ernest, et le parc est créé dès 1869, avec une porterie à chaque entrée (ce parc, Site Protégé Classé depuis 1975, est ouvert toute l'année aux promeneurs).

En 1878, Ernest de Villoutreys fait ajouter une aile au château de son père, qui apparaît alors tel que sur ces cartes postales, ramenées par mon arrière-grand-mère lors d'un de ses séjours au Bas-Plessis, où elle a recopié l'histoire de l'hôtel de Villoutreys à Angers pendant la guerre. Cette aile de 1878 (première carte ci-dessous) a été démontée en 1982, elle abritait une bibliothèque qui fut confiée à l'Université Catholique de l'Ouest (je me souviens y avoir consulté deux ou trois ouvrages quand j'étais étudiant) puis à la Bibliothèque des Archives Départementales du Maine-et-Loire.

Collection A. de la Pinsonnais.

Généalogie :

François de Villoutreys
X Renée Chenu, dame du Bas-Plessis
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Louis de Villoutreys
X Marie-Louise Le Roux de la Roche des Aubiers
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Hardy de Villoutreys
X Marie de la Forest d'Armaillé
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Jeanne de Villoutreys (du Bas-Plessis)
X Jean-François de Villoutreys (de Brignac)
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Germain de Villoutreys
X Pauline Ayrault de la Roche
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Jules de Villoutreys de Brignac Paul de Villoutreys
X Elisabeth de Villebois-Mareuil X Stéphanie Pasquerays du Rouzay
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Ernest de Villoutreys Alfred de Villoutreys
X Marie Antoinette de la Tullaye X Marie Aubourg de Boury
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... Louise de Villoutreys
X Joseph-Edmond H. de la Pinsonnais
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Jean H. de la Pinsonnais
X Elisabeth de Brébisson
Mes grands-parents

Voir aussi : des photos récentes du Bas-Plessis.

A lire (un peu d'auto-promotion) : Généalogie de la famille de Villoutreys.

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

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