Au hasard des archives...

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Archives familiales

Documents d'archives familiales (mais pas nécessairement de ma famille).

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 31 juillet 2009

Courses hippiques de Nantes en 1842

Il y a exactement 167 ans avaient lieu les courses hippiques de Nantes, qui existaient depuis 1835. A l'époque, le cheval étant un élément incontournable de la vie quotidienne, et on pouvait se rendre et assister aux course de chevaux... à cheval !

Voici le programme de cette édition de 1842.



(Archives de la Pinsonnais, A.9.0002)

Dans Les Bretons de Nominoë (Presses Universitaires de Rennes, 2002, page 149), Jean-Christophe Cassard rapporte un épisode de la vie de Saint-Guénolé, rédigée au IXe siècle par le moine Clément, comme la première mention de jockeys dans tout l'Occident médiéval :

« Un jour il s'éleva une discussion amicale entre Fracan, le père de Guénolé, et Riwalon, chef de la Domnonée, à propos de la vitesse de leurs chevaux. On fixa un jour pour savoir lequel serait le plus rapide. Une foule tant de nobles que de manants se rassembla pour jouir du spectacle, et des garçons très légers et spécialement éduqués pour cela montèrent les chevaux. Lorsque les chevaux s'élancèrent de la ligne de départ, le cheval de Fracan, seul en tête, l'emportait sur tous. Au point que le garçon qui le montait ne parvenait pas à en maîtriser l'élan et qu'il s'écrasa sur des rochers très aigus. »

Des chevaux, des jockeys, une foule et un spectacle : les courses de Nantes n'étaient pas les premières en Bretagne. Mais l'objectif du moine Clément n'est pas de nous décrire les amusements du temps, mais de nous montrer la vertu du fondateur de Landévennec. Donc si vous aviez des inquiétudes pour le garçon victime de cet accident mortel, rassurez-vous : Saint Guénolé se met à prier pour lui.

« Alors le garçon qui avait été mort, comme revenant du sommeil, se dressa aussitôt puis, accompagnant les siens qui s'en retournaient chez eux en rendant grâce à Dieu et à saint Guénolé, il s'en alla avec eux, saint et sauf, à cheval. »

Et Jean-Christophe Cassard de noter qu'il fallait avoir la passion du cheval bien chevillée au corps pour remonter illico à cheval, après une telle chute.

Enfin, pour conclure cet article, voici une carte postale des courses de Ploërmel en 1905. Elle n'est pas écrite et provient des archives de ma famille, par l'un d'eux qui a probablement assisté à l'événement et l'a achetée en souvenir.


Collection particulière A. de la Pinsonnais.


Site internet de l'hippodrome de Nantes : http://www.hipponantes-courses.com/

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

jeudi 23 juillet 2009

L'hôtel de Villoutreys à Angers

Ce texte a été retrouvé dans les archives de Louise de la Pinsonnais, née de Villoutreys. Durant la guerre, le château de la Pinsonnais où elle résidait alors ayant été réquisitionné par les Allemands, Louise de la Pinsonnais passa quelques temps chez son cousin au Bas-Plessis. J'avais prévu d'accompagner ce billet des photographies des premières pages écrites par mon arrière-grand-mère, mais le lamentable fournisseur d'accès helvétique de l'hôtel (où je suis actuellement en déplacement professionnel) est si incompétent que je ne peux que difficilement mettre ce billet en ligne. Y envoyer une image est totalement impensable. Néanmoins, le plus intéressant est le contenu, qui suit.

Le 28 juin de l'an 1780 était inhumé dans le caveau de l'église paroissiale de Jarzé haut et puissant seigneur Hardy Gilbert Germain de Villoutreys, chevalier, seigneur des châtellenies du Bas-Plessis, du Plessis-Clérembault, l'Orvoire, Tilliers, Beaumont et autres lieux, marquis de Jarzé, époux de haute et puissante dame Marie Henriette Thérèse de la Forest d'Armaillé. Il était décédé la veille de son inhumation, en son château, âgé de 62 ans.

Le corps avait été, selon la tradition, exposé dans la grande salle du dit château, puis, le matin des obsèques, à la porte ou balustrade de la cour, sur un lit d'honneur, après les messes solennelles et accoutumées, la levée eut lieu vers les onze heures du matin, et le corps conduit pour la messe "grande et solennelle" à l'église paroissiale où il fut ensuite descendu en l'enfeu des sires de Jarzé pour y jouir du repos éternel.

Il était environ deux heures de l'après-midi, et les offices religieux avaient commencé vers six heures du matin.

L'acquisition de cette terre de Jarzé en 1779 avait été une des grandes - et dernières - joies de Mr Hardy Germain [Dont le portrait de son petit-fils Germain avec de gros favoris était dans le fumoir d'Angers à l'hôtel de nos parents au 19 rue de la Préfecture, vendu depuis] de Villoutreys. Quelques années auparavant, il avait acquis le marquisat de Château-Gontier, et la seigneurie de Beaumont, puis en 1763 l'hôtel de Villoutreys, à Angers, au 9 rue St Evroult. En cet hôtel et dans ses terres de Jarzé et du Bas-Plessis (Chaudron-en-Mauges), il espérait vivre une vieillesse heureuse et honorée. "Vanitas, Vanitatum !" n'eut point failli s'écrier Mr de Meaux (Bossuet). Et de fait, quelques semaines plus tard, le marquisat de Jarzé et la terre furent passés aux Foucault, ainsi que le permettait le droit angevin. Le château, beau et somptueux, flanqué de quatre tours, ne lui survécut guère : remanié dès 1780 par le nouveau marquis, incendié en 1794 par l'Armée Vendéenne, reconstruit dans le style "caserne", il n'a plus rien qui rappelle le passé. L'hôtel de Villoutreys devait être, en 1793, vendu comme bien national au citoyen Bellanger pour 18.000 livres. Aux cendres même du "Haut et Puissant Seigneur" il ne fut point accordé l'éternel repos tant demandé en ce matin du 28 juin 1780 : le 14 nivôse, an II, l'enfeu seigneurial de Jarzé fut profané par les révolutionnaires.

"Vanitas ! Vanitatum !"

Madame de Villoutreys, sa veuve, laissant provisoirement l'hôtel familial à sa fille unique, mariée à un Villoutreys du Limousin, s'en fut habiter un vieil immeuble renaissance (à l'angle de la rue St Michel et du "Cul de sac de Laubrière") qui avait connu quelque renom sous les Buril, les Landery et les Gourreau... qui avait abrité Charles VIII et le connétable de Bourbon - avait subi quelques avatars sous l'avocat huguenot Chailland - et se trouvait pour lors assez délabré.

Locataire de Mr Guérin, l'aîné, avocat, elle y vécut huit ans avec son frère, Mr le Chevalier d'Armaillé. Quatre domestiques assuraient le service.

En 1788, ses enfants étant allés s'installer au n°8, de la rue St-Aignan, Mme de Villoutreys rentra chez elle. Elle abandonna alors son petit hôtel de la rue St Michel à Mr et Mme de Varancé qui en entreprit (sic) aussitôt la restauration.

Coupable, entre autres, d'avoir reçu un billet de logement des Vendéens lors de l'occupation d'Angers par ceux-ci, Mme de Varancé devait finir ses jours sous les balles au Champ des Martyrs.

L'hôtel des Villoutreys, acquis en 1763, nous l'avons vu, sur les Richard de Beauchamps, est une de ces vieilles demeures dont est si riche notre antique cité. Situé au n°9 de la rue St Evroult, il y voisine avec le logis bien connu de Haute-Mule, ancienne résidence des Fontevristes, et a encore un grand air, sous son aspect vétuste, pour ne pas dire pis.

L'un et l'autre ont éveillé jadis l'écho des salles de nos séances... Nous n'insisterons pas, nous bornant à rappeler que lors du passage des Vendéens à Angers, d'Elbée établit son quartier général à l'hôtel de Villoutreys, et y fut reçu avec enthousiasme. Déjà suspecte, et du coup définitivement compromise, Madame de Villoutreys, après la reprise d'Angers par les bleus, dut s'enfuir. Elle rejoignit la Grande Armée Catholique et Royale, après la bataille de Cholet, passa la Loire avec elle, et la suivit péniblement jusqu'à Baugé d'où elle gagna la Flèche. Elle y mourut, épuisée de fatigue, le 8 décembre 1793.

Mr le Chevalier d'Armaillé, son frère, officier dans l'armée de Bonchamps, mourut pendant la guerre de Vendée : sa femme et trois de ses filles comptent parmi les victimes des noyades de Nantes.

Mr et Mme de Villoutreys avaient mené grand train... Leur mobilier, rien que pour l'hôtel d'Angers, est d'importance et de luxe : salon, salle à manger, des lits attendent visiteurs et invités ; chaises à porteurs pour la ville, carrosse pour la campagne, plusieurs chevaux dans les écuries. En ville, quatre domestiques au moins (davantage au temps du marquis) qui ne coûtent, il est vrai, que cent à cent cinquante livres par an. Et une cave ! (mais nous y reviendrons tout à l'heure). La récupération des métaux n'est pas nouvelle ! Elle fut largement pratiquée sous la Convention, et de façon draconienne les pauvres cloches de nos églises en furent les premières victimes. A l'hôtel de Villoutreys, quel butin ! rien que pour la cuisine : les chenets, les "castrolles", un écumoire, une grande cuillère, six grands "falleaux" (falots ?), une paire de mouches : tout cela en cuivre... rouge presque toujours. Jusqu'aux chaises qui ont des têtes de dossier en cuivre. La vente se fit sans encombre, et rien ne fut saisi !

Quant aux trois domestiques, désormais des "officieux" de toute évidence, ils ne recevaient plus leurs gages, mais s'ils mentionnent le fait, c'est disons-nous pour mémoire et sans récrimination de leur part ! Mme de Villoutreys, avons-nous dit, avait dû fuir et suivre l'Armée Catholique Vendéenne jusqu'à Baugé et la Flèche où elle mourut épuisée.

Où la plaisanterie commence !

Les Villoutreys sont originaires du Limousin, les d'Armaillé de Bretagne1, mais le ménage était devenu angevin (sa cave en fait foi !). Mais angevin non converti encore au culte exclusif du Layon, et demeuré éclectique en ses goûts.

Chacun sait que les plus renommés, le Sauternes et le Chambertin, par exemple, sont bons tout au plus pour rincer les verres à vin d'Anjou. Notre Haut et Puissant Seigneur, lui, appréciait Sauternes et Chambertin, et ne songeait point à s'en servir comme eau de vaisselle !

La cave de Villoutreys (de l'hôtel de Villoutreys, où le ménage ne passait que quelques mois d'hiver) comportait encore en 1793 quelque 2073 bouteilles dont notre anjou vermeil ne représente qu'une bien minime partie, 259 bouteilles (de 1780 et 1781). Le reste se décompose ainsi : champagne blanc : 287 bouteilles ; Bourgogne : 28 bouteilles ; crus divers de la vallée du Rhône : 90. Espagne et Madère : 103. Anglette et pays basque : 106. Divers crus méconnus : 67. Rouge ordinaire : 414. Blanc ordinaire : 364. Bière : 80.

Quand les grands chefs vendéens furent hospitalisés, et reçus à bras ouverts à l'hôtel de Villoutreys, la table et la cave furent ouvertes ! ... 8 jours seulement... mais au repos, et l'Etat major était nombreux et... angevin ! Peu après, dès le 29 octobre, l'immeuble, bien d'émigré, fut occupé par la trop fameuse commission militaire, de nom mais civile en réalité, qui envoya à la mort des milliers d'innocents de toute classe et de toutes conditions... Cette fameuse commission n'y habita que huit jours, mais ne manqua pas, ainsi que tout son personnel de puiser dans cette généreuse cave !

Il est question dans l'article que je copie de plusieurs curés édifiants, dont celui de Chaudefonds : M. des Verdier de la Sorinière qui dut s'enfuir en Angleterre où il mourut, laissant aux mains des révolutionnaires sa sœur et sa belle-sœur qui seront guillotinées place du Ralliement, ainsi que ses deux nièces fusillées au champ des Martyrs. L'une de ces dernières, fort jolie, refusa dédaigneusement le mariage que lui offrait l'officier "bleu" commandant l'escorte, mariage qui, au termes de la loi, devait lui sauver la vie...

Mais il y eut aussi les curés jureurs, ceux qui prêtèrent le fameux serment : dont le curé Ferré, à St-Samson d'abord en 1798 (cette paroisse a été englobée dans l'actuel jardin des Plantes). Il avait 74 ans quand il jura... (il y en eut peu heureusement à Angers) et fut élu curé constitutionnel de St-Serge. Quant il fut question de lui arracher sa vigne, il se fâcha tout rouge ! Ami des prélats jureurs d'alors, il reprend son service paroissial en 1798 sur tout le quartier, et finit dignement ses jours au presbytère de St-Serge, alors en l'ex-cellererie de la vieille abbaye.

S'il n'y eut pas sous la Révolution d'"amicale des réfractaires", il y en eut en fait une des "intrus". Ceux-cy peu aimés, vivant isolés dans un milieu édifiant et souvent déclassé, même dans la société nouvelle, ceux-ci dis-je, se réunnissaient volontiers ; et quand au soir de la vente de la cave de la citoyenne Villoutreys, nos deux amis évoquèrent le souvenir des bons crus de Chaudefonds ou de la Côte St-Samson, malgré la joie de leur acquisition, ils durent verser un pleur sur leurs vignes perdues ! Et tout comme de nos jours devisant de la vie chère, des bons jours du passé, de leurs espoirs déçus, ils demandèrent au bon liquide ambré qui remplissait leurs verres, l'oubli de leurs malheurs, le réconfort et l'espoir dans l'avenir !

« En ce verre de vin, que cherchez-vous messire ?

- De ma mie tant aimée, je cherche le sourire ».

« Et vous, qu'y voyez-vous, gentil adolescent ?

- De fortune et d'amour, un rêve éblouissant ! »

« Le gobelet mousseux, qu'est-il pour vous ma belle ?

- Un souvenir bien doux de mon ami fidèle ! »

« Le vin chaud et moelleux, que vous dit-il vieillard ?

- J'y revis du passé, quelques jours égrillards »

« Et qu'en voyez-vous donc, vous, mon bon capitaine ?

- De jadis, Sacrebleu, quelque bonne fredaine ! »

« En ce verre de vin, que cherchez-vous, curé ?

- Comme en tout mon ami, j'y vois très vénéré,

Celui qui nous créa, et qui créa la terre,

Et la vigne au dus jus d'où coule le bon vin,

A ce Dieu de bonté, je lève haut mon verre,

Et grâces je lui rends, qu'il m'ait fait angevin ! »

L'histoire ne nous dit point, Messieurs, combien de fois nos deux compères rendirent grâce à Dieu ! A ce Dieu qu'ils avaient adorés, et qu'ils reniaient publiquement. Pour eux, comme pour Pierre, un matin, le coq chanta, et ils l'entendirent !

Tu es sacerdos in eternum !

Et la cave, direz-vous ? La cave a connu là son apogée. Aujourd'hui, par ordre de la défense passive – par prudence aussi - elle a été vidée de tout liquide alcoolisé et porte comme abri le n°23. Comme dans tous les vieux immeubles, c'est une bonne cave, mais son propriétaire, avisé, a ajouté au crayon bleu : "Dangereux ! Allez à côté !". Nous sommes au XIXe siècle, le siècle qui a connu un ministère de la Solidarité (Cte Pinguet).

9 février 1945

Jean de Villoutreys n'aime pas beaucoup ces plaisanteries là... J'ai copié tout de même.

28 février 1945 à Chaudron

L. de la P. née de V.


1La famille de la Forest d'Armaillé est bel et bien originaire d'Anjou. Le fief de la Forest se situe à Armaillé, Maine-et-Loire, et n'a pas de lien avec l'antique famille bretonne de la Forest, alors éteinte, dont elle a pourtant repris les armes.



- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

jeudi 16 juillet 2009

Un arbre généalogique manuscrit du début du XVIIIe siècle

Voici une généalogie manuscrite donnant les liens de parenté entre quelques familles notables d'Alençon. D'après les dernières personnes citées, et l'absence d'autres, je pense que cet arbre (plutôt original) a été dressé au début du XVIIIe siècle (entre 1700-1703 et 1715), par un membre ou un proche de la famille Granger.

(Archives de la Pinsonnais, B.22.2001)

Généalogies alençonnaises :


Généalogie :

Thomas Duval, seigneur de la Poterie
X Marie Anne Granger
|
Jacqueline Duval de la Potterie
X 1784 Guy Vincent Thomas Hochedé
|
François Hochedé de la Pinsonnais
X Antoinette Eulalie Duchesne de Chédouët
|
Edmond H. de la Pinsonnais
X Louise Jarret de la Mairie
|
Joseph-Edmond H. de la Pinsonnais
X Louise de Villoutreys de Brignac
|
Jean H. de la Pinsonnais
X Elisabeth de Brébisson
Mes grands-parents

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

- page 5 de 10 -