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Archives familiales

Documents d'archives familiales (mais pas nécessairement de ma famille).

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samedi 26 septembre 2009

Les impôts sous la Révolution

Pendant la Révolution, il fallait aussi payer des impôts, même avec retard (le retard n'est aps forcément du fait du contribuable) :

Je soussigné receveur du discrict de Blain reconnois avoir reçu du citoyen Hochedé de Nozai la somme de Seize cent six livres dix sols pour à valoir à ses contributions arriérées. Blain le 7 thermidor 3me année republicain. [Signé :] Rochedreux.

(Archives de la Pinsonnais - A20.2003)

Voici un autre reçu des impôts de 1799 :

Commune de Nozay, contribution fonciere de l'an 7 et subvention de guerre, article du role 171.

J'ai reçu du citoyen Hochedé la somme de quattre cent soixante trois francs quattre vingts dix neuf cent[imes] et ce pour la contribution fonciere, et celle de trente cinq francs vingt neuf centimes pour subvention de guerre. A Nozay, le quatorze fructidor an 7 republicain. Signé Dereux (?) pour Chretien percepteur, son gendre.

(Archives de la Pinsonnais - A20.2001)

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

samedi 15 août 2009

L'efficacité de la Poste en 1858

Le 10 septembre 1858, Maubert, garde et régisseur des terres que mon bisaiëul avait héritées de sa mère à la Fresnaye-sur-Chédouët (Orne), écrit un courrier à son employeur pour le tenir au courant de certaines de ses affaires. Maubert poste son courrier le lendemain (cachet de la Poste), et l'adresse au château de Chanay, en Mayenne, propriété des parents de Louise Jarret de la Mairie, épouse de mon arrière-arrière grand-père, où il pensait que ce dernier se trouvait.

(Archives de la Pinsonnais, 11.0013.1)

Le courrier passe par Mamers où il reçoit un nouveau cachet, emprunte la voie postale de Paris à Brest (deux cachets), et arrive le 12 à Grez-en-Bouère, après un premier voyage d'une centaine de kilomètres. Malheureusement, mon arrière-arrière grand père n'est plus à Chânay, il est déjà rentré à la Pinsonnais. Qu'importe, le courrier peut suivre. On corrige l'adresse et on réexpédie la lettre de Grez-en-Bouère le jour même (cachet de la Poste). Chateau-Gontier, Craon, Pouancé, Châteaubriant et Nozay (Loire-Inférieure), où le courrier arrive le lendemain, 13 septembre, soit près d'une autre centaine de kilomètres, parcourue encore en une seule journée.

(Archives de la Pinsonnais, 11.0013.2)

Autre exemple, un courrier de Léon Duchesne de la Sicotière envoyé quelques mois plus tôt : cette fois, il envoie sa lettre à la Pinsonnais (un peu plus de 200km), mais manque de chance, Edmond de la Pinsonnais est à Chanay. La lettre partie le 19 juillet de la Fresnaye arrive le même jour à Alençon, d'où elle voyage par le Paris-Brest du 20 au 22 pour arriver à Nozay, d'où elle repart pour Grez-en-Bouère où elle arrive le 23. Trois jours pour un peu plus de 300km.

(Archives de la Pinsonnais, 11.0004.2)

Encore un exemple du même au même : Léon de la Sicotière poste sa lettre le 12 mai à Alençon, où elle prend le Paris-Brest le 13 et arrive le 15 à Nozay, et repart à Grez-en-Bouère où elle arrive le lendemain.

(Archives de la Pinsonnais, 11.0010.3)

On constate donc qu'en 1858, un courrier dont la destination est à une centaine de kilomètre de son lieu de départ arrive le lendemain. Encore faut-il faire remarquer que les villes d'expédition et de réception de ces lettres sont de petits centres ruraux de 1000 à 3000 habitants, qu'à chaque fois les départements de départ et d'arrivés sont différents. De nos jours où le traitement et le tri des courrier est automatisé, centralisé, informatisé et TGVisé, on constate fréquement que le courrier d'un particulier met très souvent deux ou trois jours pour aller d'un département à un autre qui lui est voisin. Pour faire en 2009 le trajet La Fresnaye/Grez-en-Bouère/Nozay, il faudrait certainement plus de deux jours à notre courrier pour arriver à bon port.

Et sur les plus grandes distances ? Voici une lettre partie de Nancy le 25 juin 1860, qui est déjà sur la route de Paris à Nantes le 26, et arrivée le 27 à Nozay.

(Archives de la Pinsonnais, 11.0302.2)

Moralité : la Poste d'aujourd'hui n'est pas plus efficace que celle d'il y a 150 ans, quand les facteurs voyageaient à cheval et les trains ne dépassaient pas les 60km/h...

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

vendredi 31 juillet 2009

Courses hippiques de Nantes en 1842

Il y a exactement 167 ans avaient lieu les courses hippiques de Nantes, qui existaient depuis 1835. A l'époque, le cheval étant un élément incontournable de la vie quotidienne, et on pouvait se rendre et assister aux course de chevaux... à cheval !

Voici le programme de cette édition de 1842.



(Archives de la Pinsonnais, A.9.0002)

Dans Les Bretons de Nominoë (Presses Universitaires de Rennes, 2002, page 149), Jean-Christophe Cassard rapporte un épisode de la vie de Saint-Guénolé, rédigée au IXe siècle par le moine Clément, comme la première mention de jockeys dans tout l'Occident médiéval :

« Un jour il s'éleva une discussion amicale entre Fracan, le père de Guénolé, et Riwalon, chef de la Domnonée, à propos de la vitesse de leurs chevaux. On fixa un jour pour savoir lequel serait le plus rapide. Une foule tant de nobles que de manants se rassembla pour jouir du spectacle, et des garçons très légers et spécialement éduqués pour cela montèrent les chevaux. Lorsque les chevaux s'élancèrent de la ligne de départ, le cheval de Fracan, seul en tête, l'emportait sur tous. Au point que le garçon qui le montait ne parvenait pas à en maîtriser l'élan et qu'il s'écrasa sur des rochers très aigus. »

Des chevaux, des jockeys, une foule et un spectacle : les courses de Nantes n'étaient pas les premières en Bretagne. Mais l'objectif du moine Clément n'est pas de nous décrire les amusements du temps, mais de nous montrer la vertu du fondateur de Landévennec. Donc si vous aviez des inquiétudes pour le garçon victime de cet accident mortel, rassurez-vous : Saint Guénolé se met à prier pour lui.

« Alors le garçon qui avait été mort, comme revenant du sommeil, se dressa aussitôt puis, accompagnant les siens qui s'en retournaient chez eux en rendant grâce à Dieu et à saint Guénolé, il s'en alla avec eux, saint et sauf, à cheval. »

Et Jean-Christophe Cassard de noter qu'il fallait avoir la passion du cheval bien chevillée au corps pour remonter illico à cheval, après une telle chute.

Enfin, pour conclure cet article, voici une carte postale des courses de Ploërmel en 1905. Elle n'est pas écrite et provient des archives de ma famille, par l'un d'eux qui a probablement assisté à l'événement et l'a achetée en souvenir.


Collection particulière A. de la Pinsonnais.


Site internet de l'hippodrome de Nantes : http://www.hipponantes-courses.com/

- Cet article est sous licence Creative Commons by-nc-sa.

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